Mon histoire de santé mentale : l'anxieux heureux | FD Fitness consultant

mardi, 29 janvier, 2019 Mon histoire de santé mentale : l’anxieux heureux

 

Mon histoire de santé mentale : l’anxieux heureux

J’ai toujours eu de la difficulté à vivre dans le moment présent. Adolescent, j’avais une inquiétude monstre pour mes examens et mes travaux, même s’ils étaient à remettre des semaines plus tard. Je regrettais toujours de ne pas avoir été assez bon dans telle ou telle situation. J’étais figé dans le passé ou dans le futur. Quand tu es jeune, tu ne connais pas le mot anxiété. En tout cas, pas moi. On va se le dire, la santé mentale n’était pas un sujet de discussion très populaire. Alors, tu te dis que tu es sûrement juste trop prévoyant ou trop préoccupé. Tu « banalises » ce que tu ressens.

 

En vieillissant, j’ai réussi à mieux contrôler mon stress en étant le meilleur dans tout ce que j’entreprenais. Bon, je trichais un peu, je l’avoue. Je me trempais les pieds seulement dans les sphères où je savais que je pouvais être bon. Ça en était maladif. Je pouvais passer des heures à étudier un sujet pour le maîtriser à la perfection. De cette façon, je m’assurais que les gens n’avaient toujours que des éloges à faire à mon égard.

 

Puis, j’ai lancé mon entreprise FD Fitness.

 

J’avais passé le quart de ma vie « incognito », en excellant dans une seule petite sphère. Avec mon entreprise, je suis devenu une « personnalité publique ». C’est là que mon amie l’anxiété a refait surface (ou dirais-je, ma pire ennemie). J’ai dû faire face à de nombreuses critiques positives et négatives publiquement. Que ce soit sur mes connaissances, mon apparence, ma façon de m’exprimer, bref… sur moi. Cette critique que j’ai tenté de fuir à tout prix depuis mon tout jeune âge est arrivée comme un coup de poing. Puis, tout a commencé à dégénérer. Souffle court, sueurs froides, sentiment de malaise constant (amplifié x100 dans les endroits publics).

 

Mes propos, que ce soit sur les réseaux sociaux ou ailleurs, ont commencé à se faire déformer. Je suis devenu un sujet de conversation, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Je vous jure que l’humain peut être une « bibitte » méchante lorsqu’elle se sent confrontée à ses peurs. Méchante envers les autres et méchante envers elle-même.

 

La pression de la performance devenait si grande que je commençais à me sentir dans un étau, dans une pièce sans issue. Je ne savais pas comment me ressourcer ni reprendre le dessus. Je ne comprenais plus le sens de ce que je faisais, j’étais devenu un produit – j’étais réduit à un produit. Un produit que tu consommes, que tu critiques, puis que tu jettes quand tu en as assez. J’étais dépendant des réseaux sociaux pour mon travail, mais en même temps, ces mêmes réseaux sociaux aggravaient ma situation. Un beau cocktail toxique pour ma santé mentale, quoi…

 

Je passais plus de 30 heures sur les réseaux sociaux à répondre, argumenter, tenter de m’expliquer. Je me sentais dans un monde parallèle. Il n’y avait plus d’issue à mon bonheur. Mon seul réconfort était ma conjointe du temps qui devait endurer ma tristesse et mon mal-être constant.

 

En plus de me faire du mal, je faisais du mal aux gens autour de moi. Imaginez avoir un chum qui barre la porte de la chambre à coucher pour se mettre en petite boule et se faire des idées noires durant des heures. Quand tu ne sais pas comment t’occuper de toi, quand tu as perdu le contrôle, comment veux-tu prendre soin des autres? Ce fut mon deuxième « red flag » par rapport à ma santé mentale.

 

Comme si ce n’était pas assez, étant propriétaire d’une entreprise, j’avais des responsabilités. Je devais garder la tête haute devant mes employés et montrer une image forte pour les rassurer. Cela me demandait encore plus d’effort. Je devais porter un masque en tout temps. Je n’avais plus aucun plaisir à vivre la vie que j’avais. Je la trouvais merdique, malgré qu’elle semblait « tellement parfaite » de l’extérieur.

 

J’étais essoufflé et épuisé.

J’ai décidé qu’il était temps que j’en finisse et j’avais un plan. J’ai pris mon auto et je me suis dirigé vers l’arbre que je fixais chaque jour, en revenant du travail à Saint-Bruno. Au même moment, une personne qui m’était chère m’a téléphoné. En voyant son nom s’afficher sur mon cellulaire, j’ai eu le réflexe de poser le pied sur le frein plutôt que sur l’accélérateur. Ce soir-là, je suis rentré chez moi. Je te remercie encore d’avoir été là, pour moi. Le lendemain, j’étais assis dans le fauteuil du psychologue que je consulte encore aujourd’hui.

 

J’ai réalisé qu’à travers toutes ces années, j’essayais tant bien que mal d’être authentique, mais étant une personne sensible de nature, je préférais projeter l’image du gars au-dessus de ses affaires. C’est ce que j’avais toujours fait et ça m’avait bien servi, non? Le hic, c’est que je n’étais pas heureux. Mon extérieur souriait, mais mon intérieur pleurait.

 

La vérité est que CHAQUE critique que j’avais pu recevoir dans ma vie m’avait profondément blessé.

 

À travers mon cheminement de la dernière année, j’ai réapprivoisé mon petit être intérieur. Je me suis donné le droit d’être moi-même à 100 %. C’est d’ailleurs ce que disent la majorité des gens qui me rencontrent aujourd’hui et j’en suis tellement fier! Peu d’entre nous se donnent le droit d’être réellement qui nous sommes. Je vous jure que depuis que je suis transparent et vrai, ça fait réagir, mais pour les bonnes raisons! Imaginez quelqu’un qui exprime fièrement ses forces ET SES FAIBLESSES! Les gens ne s’y attendent pas et vous savez quoi?

 

Pour moi, ce fut libérateur.

 

Je sais, je sais… Vous pensez que de fuir et enfouir votre mal-être et votre mal de vivre règlera en partie le problème. « Souris, tu vas aller mieux! » Non. Pas tout le temps. Vous avez peur que votre entourage vous juge? Ça n’arrivera pas (sinon, changez d’entourage). Vous avez peur de parler d’anxiété, de dépression, de suicide? Vous ne devriez pas.

 

Lorsque l’on ne va pas, c’est comme avoir un sac rempli de roches… Si vous ne vous libérez pas de vos roches, chaque pas dans la vie vous fatiguera. Apprenez à enlever la lourdeur que vous ressentez en parlant. À la longue, vous serez peut-être capable de retirer complètement votre sac à dos et d’aider votre prochain. De VOUS aider.

 

Désormais, je vis de façon transparente avec moi-même et c’est le plus beau cadeau que je me suis fait. Quand ça ne va pas, je le dis ; je prends soin de ma santé mentale. Je me suis choisi dans ce processus de guérison en acceptant d’être qui je suis. Un anxieux heureux.

 

Félix Daigle

Fondateur de FD Fitness Consultant

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